08 mai 2012

Les douze défis économiques du nouveau présidentde la note

2012 6 mai | Les Echos

François Hollande a prévenu : avant de redistribuer, il faudra redresser (les comptes, la compétitivité, l'emploi, la croissance). La liste des défis est longue, d'autant que la France est attendue au tournant par les marchés. Et que le programme économique du PS ne fait pas l'unanimité.

1. Renégocier ou compléter le traité européen

Nous avons besoin d'infrastructures transfrontalières dans l'énergie, le transport, l'innovation, la recherche, la communication », a-t-il déclaré. Si les règles budgétaires sont relativement contraignantes, le Pacte « laisse une large marge d'appréciation quant à son application », a-t-il ajouté, laissant entendre que la Commission pourrait fermer les yeux sur les possibles dérapages budgétaires de certains pays.

L'Allemagne a également émis des signes de bonne volonté  : « Nous allons nous mettre rapidement au travail pour ajouter au traité budgétaire un pacte de croissance pour plus de compétitivité », a fait savoir ce dimanche le ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle.

Le dossier devrait être évoqué dès le 31 mai, à l'occasion d'un sommet informel des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE. En attendant, François Hollande doit adresser dans les prochaines semaines un mémorandum sur les modifications qu'il entend imposer au traité. « La France ne ratifiera pas le traité européen s'il n'est pas complété d'un pacte sur la croissance », a prévenu Jean-Marc Ayrault

2. Enrayer la perte de compétitivité

Après un déficit commercial record de 70 milliards d'euros l'an dernier, ce n'est pas le maintien élevé des cours du pétrole qui va faciliter le redressement du solde extérieur de la France. D'autant plus que la récession en Italie et en Espagne, deux partenaires commerciaux importants, va aussi peser sur la demande adressée aux exportateurs français dans les prochaines années. Alors que de récentes statistiques d'Eurostat ont fait état d'un coût horaire de la main-d'oeuvre (tous secteurs confondus) plus élevé en France (34,20 euros en 2011) qu'en Allemagne (30,10 euros), François Hollande s'est engagé à abroger la TVA sociale qui devait se traduire par 13 milliards d'euros d'allégement de charges pour les entreprises (5,4 points entre 1,5 et 2 SMIC).

Rabotage des allégements Fillon sur les bas salaires, hausse des cotisations retraite (0,2 point par an pendant cinq ans), coup de pouce au SMIC... le programme économique du futur président prévoit au contraire un alourdissement du coût du travail. Partisan d'un soutien plus ciblé, François Hollande veut réorienter les financements, les aides publiques et les allégements fiscaux sur les entreprises qui investissent en France et qui sont offensives à l'international.

Il veut surtout mettre l'accent sur la compétitivité « hors prix » en favorisant la recherche et l'innovation : banque d'investissement public, crédit d'impôt recherche amélioré, rôle accru des régions, etc. Il entend d'ailleurs s'appuyer sur des réalisations du quinquennat Sarkozy, tels que le programme d'investissements d'avenir qui ne sera pas remis en cause. Mais les effets sur la compétitivité hors prix prendront forcément du temps à se concrétiser. Et la France n'en a guère : la balance commerciale et la compétitivité font partie des critères clefs des agences de notation.

3. Le pari impossible de la croissance ?

Pas d'état de grâce économique en vue pour François Hollande. L'Insee et la Banque de France prévoient tous deux une croissance nulle au premier trimestre, dont la première estimation sera publiée le 15 mai. Et avant même le premier tour de la présidentielle, le FMI avait douché les espoirs d'une reprise rapide, anticipant une progression du produit intérieur brut de 0,5 % cette année (conforme au scénario du prochain président) mais limitée à 1 % en 2013, quand François Hollande a calibré son programme sur 1,7 % de croissance.

Moins de croissance signifiant moins de rentrées fiscales, le prochain gouvernement pourrait donc devoir adopter très vite de nouvelles mesures de rigueur pour tenir ses engagements d'assainissement des finances publiques. La Commission européenne publiera dès vendredi ses nouvelles prévisions macroéconomiques, y compris pour la France, et devrait, d'ici à juin, signifier à Paris que des efforts supplémentaires seront nécessaires.

Entre rigueur et croissance, la ligne de crête sera particulièrement étroite. Car si le PS prévoit des mesures de pouvoir d'achat immédiates (voir plus loin), son programme économique est surtout marqué par la volonté de faire voter dès le début de la législature plusieurs dizaines de milliards d'euros de hausses d'impôts pour garantir le retour du déficit public à 3 % de PIB en 2013, et rassurer ainsi les marchés. Ciblant principalement - mais pas seulement -les hautes rémunérations et les grandes entreprises, l'impact récessif de cette réforme fiscale inquiète, alors que le taux de prélèvements obligatoires est déjà l'un des plus élevés du monde. L'accumulation d'indicateurs conjoncturels négatifs en zone euro ajoute à ces menaces

 4. Préserver le pouvoir d'achat

Hausses d'impôts et inflation n'augurent rien de bon pour le pouvoir d'achat. Celui-ci devrait reculer de 0,3 % au premier semestre, selon l'Insee. Et pour l'avenir, les prélèvements supplémentaires prévus cet été pèseront lourd. Faute de marges budgétaires, François Hollande ne prévoit aucune mesure de grande ampleur susceptible d'inverser la tendance. Aucune prestation ne sera revalorisée, à l'exception de l'allocation de rentrée scolaire, accordée à quelque 3 millions de parents modestes et qui sera relevée de 25 % dès la rentrée prochaine. Cela représente un peu moins de 400 millions d'euros.

L'indexation accrue du SMIC sur la croissance n'aura guère d'effet à court terme, compte tenu des prévisions de croissance pour 2012 (0,5 %) et 2013 (1,7 %). Aucune promesse n'a été faite non plus aux fonctionnaires, bien au contraire (le geste à leur égard sera l'arrêt du « 1 sur 2 »), et il n'est pas exclu que le point d'indice continue d'être gelé, comme c'est le cas depuis 2010. Les mesures visant à contenir les prix des loyers et ceux de l'énergie sont finalement les plus ambitieuses : François Hollande veut bloquer les prix de l'essence pendant 3 mois et restituer aux automobilistes le surcroît de recettes perçues par l'Etat du fait de la hausse du coût du baril (la fameuse « TIPP flottante »).

Les tarifs de l'électricité et du gaz seront également revus (voir plus loin) en faveur des « petits » consommateurs.

 5. Le chiffon rouge de la taxe à 75 %

L'imposition à 75 % des revenus supérieurs à 1 million d'euros a constitué un joli coup politique pour François Hollande pendant la campagne. Cette mesure qui ne figurait pas dans son programme présenté fin janvier doit maintenant être votée. Et il s'agit de la rendre acceptable auprès des chefs d'entreprise, des artistes et des sportifs potentiellement concernés, certaines sociétés menaçant ni plus ni moins de quitter la France si cet environnement fiscal se confirmait.

François Hollande a ouvert la voie à plusieurs aménagements : en mars, il avait défendu la possibilité de lisser les revenus des footballeurs sur dix ans, afin de tenir compte de la brièveté de leur carrière. Les entrepreneurs qui vendent leurs parts disposeront, eux aussi, d'un dispositif de lissage, permettant d'étaler leurs revenus exceptionnels sur plusieurs années et de passer éventuellement sous la barre du million d'euros. « Je sais bien qu'au moment de la transmission, il peut y avoir une plus-value de cession qui devra être traitée comme un revenu exceptionnel », avait-il indiqué lors d'une rencontre avec la CGPME

6. Spectre des marchés et mur de la dette

Pour l'heure, la France, en dépit de la perte de son triple A chez Standard & Poor's, finance sa dette à des taux historiquement bas (autour de 3 %), ce qui limite l'ampleur, déjà considérable, de la charge d'intérêts (prévue à 48,1 milliards d'euros cette année). Mais, tout dérapage par rapport aux engagements de réduction du déficit public remettrait très vite en cause cette situation privilégiée. L'équipe Hollande entend donc présenter un budget 2013 ramenant le déficit à 3 % de PIB. Cela passe par des hausses de prélèvements importantes, qui pénaliseront la croissance, ce qui inquiète... les marchés. Qui plaident pour des coupes dans les dépenses.

Les investisseurs jugeront le nouveau chef de l'Etat sur les actes : ouvrira-t-il les vannes de la dépense ? Tiendra-t-il coûte que coûte l'objectif de réduction du déficit public en 2012 ? Engagera-t-il des réformes économiques structurelles ? Qui nommera-t-il à Matignon et à Bercy ? Disposera-t-il d'une majorité parlementaire sans le Front de gauche ?

La situation de la France dépendra aussi de l'évolution de l'Espagne et de l'Italie, un effet contagion étant toujours redouté, et de l'appréciation de Moody's, qui note toujours Paris AAA mais doit actualiser son jugement dans les prochains mois. Une première émission de dette à moyen et long terme doit être effectuée par la France le 16 mai

7. L'inéluctable hausse du chômage

Le nombre de chômeurs a augmenté de 200.000 au terme de onze mois consécutifs de hausse, et cela va continuer, le marché de l'emploi devant au mieux se stabiliser en 2012. L'équipe Hollande redoute aussi l'annonce de plans sociaux assez lourds dans les entreprises, qui auraient été renvoyés à l'après-présidentielle.

Pour limiter les dégâts, outre les mesures de croissance et de compétitivité, le PS va renforcer le traitement social du chômage à court terme, avec des contrats d'avenir massifs dès septembre, notamment dans l'Education nationale. Il veut aussi lancer le contrat de génération (allégements de charges pour les jeunes et seniors), mais cet outil ne fait l'unanimité ni à gauche ni chez les partenaires sociaux. Ses contours sont donc encore loin d'être acquis.

8. Retraite à 60 ans : tout n'est pas réglé

François Hollande s'est engagé à publier avant la fin juin le décret rétablissant la retraite à 60 ans pour les assurés qui ont commencé à travailler à 18 ans et qui ont cotisé 41,5 annuités. Ces nouvelles règles devraient s'appliquer automatiquement à l'Agirc-Arrco, ce qui permettra le versement de la part complémentaire des pensions aux salariés du secteur privé concernés (environ 130.000 par an selon le PS).

Le financement de cette mesure est plus incertain. Pour la retraite de base, le nouveau chef de l'Etat a prévu d'augmenter les cotisations, ce qui dégagera 1 milliard d'euros la première année, 5 milliards en 2017, et 15 milliards en cumulé sur le quinquennat. Pour la part complémentaire, il manquera environ 9 milliards sur cinq ans. Les partenaires sociaux qui gèrent l'Agirc-Arrco « devront donc se mettre rapidement autour de la table de négociation pour trouver une solution », explique Philippe Pihet, le président (FO) de l'Arrco. Une négociation qui s'annonce très difficile, le patronat refusant toute hausse des cotisations pour ne pas alourdir le coût du travail.

En attendant, les régimes complémentaires puiseront dans leurs réserves, qui fondent rapidement.

9. Pression syndicale, hostilité du Medef

Rassembler, trouver des accords avec les syndicats et le patronat, faire vivre la démocratie sociale : François Hollande a renvoyé nombre de sujets épineux (salaires, retraites, heures supplémentaires, etc.) à des conférences sociales. Mais la pression des syndicats va être à la hauteur de leur engagement dans la campagne : CGT, FSU et Solidaires ont appelé à voter contre Nicolas Sarkozy et la CFDT, sans se prononcer, a beaucoup misé sur l'alternance. Leurs attentes sont fortes, et le chef de l'Etat devra faire avec la concurrence entre la CGT et la CFDT.

Côté patronat, les vives critiques du Medef sur le programme économique du PS ne sont pas passées inaperçues, même si Laurence Parisot s'est dite prête à travailler avec François Hollande. Principale pierre d'achoppement : la taxe à 75 %, qui heurte profondément le Medef, mais aussi l'Afep (100 plus grandes entreprises).

10. Education : le casse-tête des recrutements

Comment créer 60.000 postes sur cinq ans quand l'Education nationale est confrontée à une crise des recrutements d'enseignants ? Avec une baisse constante des candidats pour le premier degré (16.000 ont passé les concours en 2011 et 18 % ont été admis, quand 55.000 avaient tenté leur chance en 2005 et 22 % avaient réussi) mais plus encore dans certaines matières du second degré : plusieurs centaines de postes en maths, lettres et anglais n'ont pas été pourvus l'an dernier !

Certes, François Hollande a précisé qu'il recruterait aussi des personnels de surveillance, d'encadrement ou médico-sociaux et que 5.000 postes étaient réservés à l'enseignement supérieur. Mais en arrêtant le « 1 sur 2 », ce sont, grosso modo, près de 40.000 recrutements qu'il faudra effectuer chaque année (28.000 départs en retraite par an + 12.000 créations) dont une majorité d'enseignants.

La ventilation entre les professions doit être finalisée cet été lors des négociations avec les syndicats et il est acquis que ces créations ne seront pas programmées de façon linéaire. Pour la rentrée 2012, 1.000 postes de professeurs des écoles seront créés (en puisant sur les listes complémentaires au concours) et 4.000 encadrants recrutés (assistants d'éducation, etc.) dont une part seront des contrats d'avenir. Pour enrayer la crise des vocations, le PS mise sur les prérecrutements - 30.000 contrats d'avenir leur sont réservés -, qui permettent un coup de pouce financier en échange d'heures réalisées dans les établissements.

Autre défi bien sûr : le financement (2 milliards d'euros en 2017 en rythme de croisière). Pour ne pas créer de postes de fonctionnaires, il faudra en supprimer 60.000 ailleurs...

11. Energie : EDF et GDF Suez sous pression

François Hollande souhaite réduire de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans la production électrique à l'horizon 2025. Mais il ne compte fermer qu'une seule centrale, celle de Fessenheim, en Alsace, durant son quinquennat. Contrairement aux exigences des Verts, il compte par ailleurs poursuivre le chantier de l'EPR de Flamanville.

Pour équilibrer le bouquet énergétique de la France, le nouveau président veut accélérer le développement des énergies renouvelables et les mesures d'efficacité énergétique, notamment dans le bâtiment. Autant de projets qui feront l'objet d'un « grand débat national » et... coûteront de l'argent.

Les bénéfices d'EDF pourraient être mis à contribution, même si l'électricien public pourra difficilement profiter de hausses de tarifs. Idem pour GDF Suez, dont les tarifs de gaz pourraient être réexaminés par l'équipe de François Hollande. Dans son programme, il prévoie également l'instauration d'un tarif progressif, dans lequel les premiers volumes d'énergie seraient dédiés à des choses essentielles (s'éclairer, se doucher, se chauffer...) et seraient facturés à un tarif inférieur à celui d'aujourd'hui. « Au fur et à mesure qu'on montera en consommation, la tarification augmentera », selon François Brottes, député PS de l'Isère.

12. Quelles économies pour la Défense ?

François Hollande va vite se plonger dans la « grande » diplomatie, à Chicago, lors du sommet de l'Otan des 20 et 21 mai. Compte tenu de ses engagements de campagne, il doit d'abord confirmer le retrait d'ici à la fin de l'année des « troupes combattantes » françaises d'Afghanistan.

Le président aura une autre occasion de croiser le fer avec ses partenaires (Barack Obama en tête), sur la défense antimissile. Les 28 pays de l'Alliance doivent normalement engager ce programme très coûteux poussé par les Etats-Unis. « Réticent » face à cette nouvelle mission de l'Otan, François Hollande estime que cela ne doit en aucun cas remettre en cause la dissuasion nucléaire, et que de toute façon, la France n'a pas les 2 à 3 milliards nécessaires d'ici à 2020, selon les estimations, pour participer à l'aventure.

De retour à Paris, il devra se plonger rapidement dans le budget de la Défense, premier poste d'investissement de l'Etat. Durant la campagne, le candidat Hollande a promis de ne pas en faire une variable d'ajustement, même si les militaires devront faire des économies comme les autres. Sauf détérioration rapide des comptes, les 31,5 milliards votés par l'ancienne majorité pour 2012 ne devraient pas être trop amputés. Au-delà, l'histoire s'annonce plus douloureuse...

 

LES ECHOS, SERVICES FRANCE ET INDUSTRIE

 

18 avril 2012

CITATION

Comme l’ a dit Margaret Thatcher :
    
 
« Le socialisme ne dure que jusqu'à ce que se termine l' argent des autres » 

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15 avril 2012

Nicola Sarkozy Place de Concorde

 
 
 
 
 
Le président-candidat Nicolas Sarkozy salue ses partisans après son discours de la place de la Concorde à Paris, le 15 avril 2012.
Le président-candidat Nicolas Sarkozy salue ses partisans après son discours de la place de la Concorde à Paris, le 15 avril 2012.

+ SURENDETTEMENT

"Dans ce nouveau modèle français, tout Le Monde aura droit à une deuxième chance et toute famille de bonne foi, confrontée à un accident de la vie dont la conséquence est le surendettement, pourra, comme une entreprise, bénéficier de la faillite civile telle qu'elle existe en Alsace afin de pouvoir redémarrer dans la vie".

 + BANQUE CENTRALE EUROPEENNE

"Sur le rôle de la Banque centrale dans le soutien à la croissance, nous allons aussi ouvrir le débat et nous allons faire avancer l'Europe (...) si l'Europe ne veut pas perdre pied dans l'économie mondiale, elle doit absolument renouer avec la croissance (...) si la Banque centrale ne soutient pas la croissance, nous n'aurons pas assez de croissance".

+ MOBILISATION

"Prenez votre destin en main, dressez-vous, prenez la parole, dites ce que vous avez sur le coeur, dites ce que vous voulez pour votre pays, dites le haut, dites le fort, dites le maintenant. Peuple de France, n'ayez pas peur, ils ne gagneront pas si vous décidez que vous voulez gagner (...) Peuple de France, entends mon appel. Françaises, Français, aidez-moi, aidez la France".

+ VOTE FRONT NATIONAL

"Je sais que beaucoup de nos compatriotes qui souffrent ont envie de crier leur souffrance, de crier leur colère en votant pour les extrêmes. Je comprends la douleur de ceux que la crise a fait souffrir, je comprends leur colère. Mais les solutions extrêmes n'atténueraient pas leur douleur (...) elle les feraient souffrir davantage encore. Car les solutions extrêmes sont des mensonges et les mensonges font plus de mal que la vérité".

+ NOUVEAU MODELE DE CROISSANCE

"Je vous propose de construire un nouveau modèle de croissance, une nouvelle économie, une nouvelle ambition sociale. Entre le nationalisme et le laissez-faire, je vous propose pour la Nation la voie raisonnable de l'unité et de l'ouverture au monde (...). Ce que je vous propose c'est de réunir les conditions pour que la France organise les +Trente glorieuses+ du XXIe siècle".

+ MAJORITE SILENCIEUSE

"Vous êtes les porte-parole de ceux qui n'ont jamais la parole, de ceux qui ne demandent jamais rien, qui ne se plaignent jamais, mais qui sont fiers de la France, fiers de sa culture, fiers de sa langue, fiers de son identité (...). Je veux parler à cette majorité silencieuse qui, une fois encore, tient le destin de la France entre ses mains".

+ FINANCE

"Ce nouveau modèle français, il répondra au besoin de justice parce qu'il ne sera plus soumis à la dictature de la finance, à ses profits exorbitants, à sa tyrannie de la rentabilité à court terme, parce que tout Le Monde sera formé, parce que tout Le Monde sera qualifié, parce que tout Le Monde pourra accéder à la promotion sociale par l'instruction et par la formation".

+ AVENIR

 

"Ce qui est en jeu, c'est la survie d'une forme de civilisation, la nôtre (...). Nous n'avons pas le droit ici, place de la Concorde, de laisser dilapider l'héritage de la France éternelle. Nous ne voulons pas de la facilité, du renoncement, de la mollesse (...). Face à la montée des périls, il faut de la solidité et il faut de la gravité (...). Notre époque réclame autre chose que l'outrance des uns ou le déni des autres".

29 mars 2012

Quand Sarkozy promet une surprise

 

Le candidat poursuit sa remontée spectaculaire et rêve tout haut de créer "la plus grande surprise électorale de la Ve République".

 

On le croyait définitivement à terre, le nez dans la poussière, inerte et, de surcroît, promis aux Enfers. Et voici qu'à la faveur d'une série de sondages inespérés, où il tutoie les 30 % d'intentions de vote au premier tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy bouge encore.

Il ne bouge pas seulement. Il court, se démène, rit, charme, taquine, attaque, émet des idées, fronce les sourcils aussi. En somme, il est vivant. N'est-ce pas cet activisme de tous les instants, cette foi démesurée en lui, cette tension permanente, qui manquent à François Hollande ? Le socialiste se comporte comme un gestionnaire de Livret A, quand Sarkozy, lui, a l'audace du trader avec, certes, la part d'incertitude que cela suppose. Reste que le président sortant est certain de créer l'exploit. "Vous verrez ! Je vous réserve une surprise" : ainsi apostrophait-il les journalistes, lors d'un récent déplacement. Il n'a de cesse de le marteler : la réélection ne peut lui échapper, parce que Hollande déçoit, parce qu'il se montre tel qu'en lui-même et tel que ses amis socialistes le dépeignent en privé, c'est-à-dire mou et hésitant, manquant d'entrain et de nervosité. Le président-candidat, comme il l'a confié à Philippe Ridet du Monde, considère son adversaire comme un "nul", allant jusqu'à se réjouir de ne pas avoir eu à ferrailler contre Martine Aubry, jugée plus solide et frontale. Bref, des caractéristiques nécessaires en temps de crise.

Éloge

Le meilleur allié de Sarkozy dans cette compétition n'est autre que Jean-Luc Mélenchon qui, à force d'être bon sur l'estrade, renvoie cruellement Hollande à cette satanée mollesse. D'où la manière dont l'UMP épargne habilement le leader du Front de gauche. D'où les récents propos élogieux d'Henri Guaino à l'endroit de l'ancien sénateur socialiste. La confiance de la majorité se justifie également par la livraison de sondages sur les reports de voix de Marine Le Pen et de François Bayrou, qui passeraient dans les deux cas de 30 % à près de 50 %, en quelques semaines. Sarkozy nous disait, l'autre jour, qu'il créerait "la plus grande surprise électorale de l'histoire de la Ve République."

Et s'il disait vrai ?

 Le Point.fr - Publié le 29/03/2012

23 mars 2012

Alain JUPPE

"J'étais l'invité de Jean-Pierre Elkabbach ce matin sur Europe 1. Je suis revenu sur les questions de politique internationale mais également sur les attentats de Toulouse et de Montauban. La France doit continuer à se mobiliser contre le risque terroriste. Enfin, on voit malheureusement dans ce genre de tragédie, la différence entre ceux qui ont l'étoffe d'un homme d'Etat et ceux qui se comportent en simples politiciens".