19 juin 2008
La valse des permis de construire... 1er épisode : Arlac
LE PARC TENET
Suite au récent refus par la mairie d’accorder un permis de construire concernant le projet de Bouygues sur le Parc Tenet, un nouveau projet a été présenté le 9 juin en l’absence, surprenante, de représentants de l’Association des Pupilles de l’Enseignement Public. Sont présents les représentants de la société Bouygues, de la Mairie, la correspondante locale de Sud-Ouest et une trentaine de riverains.
Nous sommes présents, avec Christine Peyré, car nous suivons ce dossier de très près.
Il est bon de rappeler la problématique :
L’association est propriétaire du domaine parc Tenet. Après trois années de cessation d’activités, ayant l’intention de créer un pôle d’éducation et de formation au développement durable pour les scolaires, confrontée à une obligation de remise aux normes et de restauration de la Chartreuse et de ses installations, l’association exerce son droit de propriété. Elle donne le terrain nécessaire à un projet immobilier. En compensation le promoteur prend en charge les travaux en y ajoutant l’édification d’une petite résidence étudiante.
S’il est difficile de remettre en cause ce droit, il faut rappeler qu’avant la modification du PLU (21 juillet 2006), ce terrain n’était pas constructible et qu’il était envisagé de le classer intégralement en « Espace Boisé Classé ». Solution d’ailleurs envisagée par le commissaire enquêteur.
A noter également que ce domaine n’entre pas dans l’espace de densification urbaine défini le long du parcours de la ligne A du tramway. Ce terrain est donc devenu constructible par la seule volonté des élus ce qui a permis la réalisation de ce projet immobilier.
Plus réduit quant à l’emprise au sol (2615 m² au lieu de 3670) que celui recalé, le nouveau projet se veut bien intégré dans le parc (R+1 maximum) et envisage l’édification d’un ensemble de 57 logements (5 studios, 12 T2, 30 T3, 10 T4) et de dix chambres d’étudiant qui s’ajouteront au domaine associatif. Le tout respectant largement les obligations de la Loi SRU avec 25 % de logements sociaux.
Cette « transaction » privée, via un cabinet spécialisé, s’accompagne de la signature d’une convention précaire entre l’association et la mairie autorisant l’ouverture d’une partie du parc au public (2ha sur 4) et permet de se prévaloir d’une opération s’inscrivant dans une démarche de développement durable et environnementale (respect du boisement). Rappelons que la municipalité a déjà investi une somme non négligeable en 2007 pour rendre le parc plus accessible sur un domaine qui lui est prêté et sans effets pratiques à ce jour.
Les riverains présents ont estimé que l’urbanisation, même partielle, allait amputer le quartier d’une grande partie de son poumon vert tout en créant des nuisances non négligeables. Ils estiment que d’autres projets immobiliers prévus dans le même quartier répondent suffisamment aux besoins reconnus de densification urbaine sans qu’il soit nécessaire de remettre en cause cet écrin de verdure bienvenu dans un quartier qui s’urbanise profondément. Ils ont également exprimé leur scepticisme en réponse aux arguments tendant à justifier l’importance de cette réalisation immobilière par souci d’équilibrer l’opération financière.
Il apparaît effectivement pertinent de rappeler l’ensemble des projets sur le seul quartier d’Arlac :
- 28 logements rue Michelet,
- 56 logements en construction avenue Mitterrand (résidence alizé),
- 94 logements sur le même axe (résidence des jardins de Diane),
- 16 logements rue Parmentier,
- 28 logements avenue des Eyquems (terrasses d’Alina)…
Sans que l’on parle des infrastructures nécessaires d’accompagnement (école, salles de sport). Des inquiétudes se sont manifestées à ce sujet et l’on répondu qu’il y avait des places disponibles dans d’autres quartiers de Mérignac… à suivre.
La réponse des représentants de la mairie à cette inquiétude a de quoi surprendre : « Avez-vous, vous-même, un projet à proposer car l’association est libre de faire ce qu’elle veut ? ».
Cette attitude ressemble quelque part à un chantage difficilement acceptable qui peut sous entendre qu’à la limite si « vous, riverains vous «retoquez» ce projet, c’est tout le parc qui risque de disparaître ! »
De plus un élément nouveau apparaît dans leur présentation : les élus lient le coût de la restauration (estimé aujourd’hui à 2 M € alors qu’au départ on ne parlait que d’1 M€) aux besoins de l’association en budget de fonctionnement (3 à 5 M €). Cette démarche est surprenante car elle constitue un mélange des genres qui se situe au-delà de l’échange de bons procédés entre le promoteur et l’association. Il est de la seule responsabilité des collectivités locales concernées par l’objectif social et éducatif de l’association d’apporter leur soutien.
En fait la majorité municipale estime que la ville n’a pas les moyens de s’investir directement car la restauration de la maison carrée est prioritaire (sans qu‘ils soient encore et toujours en mesure de la chiffrer). Par contre elle déclare vouloir être extrêmement vigilants sur l’impact environnemental du projet… à suivre (bis).
Ce positionnement laisse à penser que la mairie s’est déjà engagée. La concertation en est donc faussée.
Depuis le temps que cette affaire traîne et prend de plus en plus un aspect mercantile, la préemption du terrain par la mairie aurait pu être la « vraie » réponse répondant aux exigences de développement durable. Elle aurait pu être « LA » solution. La ville en a les moyens, l’analyse des comptes administratifs durant le mandat précédent en apporte la preuve.
On peut douter que toutes les hypothèses aient bien été envisagées !
« Il semble malheureusement que l’on soit tombé dans le piège de la facilité et de la rapidité… il est visiblement plus facile de rendre un terrain constructible et de négocier avec un promoteur immobilier que de présenter un projet permettant notamment de conserver un espace naturel…» comme le dit un habitant du quartier (Journal « Le Cana’arlacais » n°51 été 2008).
L’AFFAIRE DE L'ANCIENNE ENTREPRISE DE RECUPERATION AUTOMOBILE DE LA RUE MICHELET.
Au grand dam des riverains, dans cette zone pavillonnaire, un projet immobilier de résidence (28 logements en R+2) est sur les rails avec l’aval de la municipalité. Un Promoteur connu est engagé.
Un collectif se constitue pour contester le permis de construire car il semble que des anomalies de procédure soient apparues. Un référé a été déposé au tribunal administratif. En représailles la ville et le promoteur demandent des indemnités pour entrave au projet.
Le juge vient de renvoyer dos à dos les parties. Dossier à suivre (ter).
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